17.08.2008

Corinne Lepage : "Qui défend les droits des contribuables ?"

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Nous en sommes bien éloignés de ce pays qui aimait à rappeler qu'il avait écrit la déclaration de l'homme et du citoyen , le préambule de la constitution et plus précisément l'article 14 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen précise que les citoyens par eux-mêmes ou par leurs représentants de constater la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l'emploi et d'en déterminer la quotité, l’assiette et le recouvrement.

 

Nous en sommes bien éloignés et, une fois de plus le contribuable va devoir assumer le coût de la défaillance de la justice, soigneusement organisée, permettant ainsi très probablement aux bénéficiaires des rétrocommissions des frégates de Taïwan de garder leur magot cependant que leurs concitoyens payeront l'équivalent à Taïwan.

 

Le non-lieu requis dans cette affaire était inévitable dès lors que  le secret défense opposé par les ministres des finances successifs, aux demandes formulées par le juge d’instruction rendait la poursuite de l’information impossible.

Les documents douaniers étant cachés, il était impossible d’accéder aux noms des ressortissants français destinataires des commissions. Au passage, il faut noter la  différence de traitement judiciaire et de moyens mis en place pour traiter de l’affaire  des listings de Clearstream  et l’affaire des frégates, ces moyens étant inversement proportionnels à l’intérêt de la société dans son ensemble à la solution du problème. La clôture du volet pénal va donc laisser ouvert l’arbitrage en cours ( encore un !) entre Thomson et Taiwan dont le risque pour le contribuable est de 72% de 599 millions de dollars correspondant aux commissions illicites dont une partie des fameuses rétrocommissions. D’où l’intérêt évident qu’il y aurait eu pour le contribuable que la justice connaisse les destinataires et puisse obtenir le remboursement des sommes perçues….

 

Pour la deuxième fois en un mois, la première étant l’arbitrage Tapie dont les conséquences seront supportées par le contribuable, on constate que le pouvoir bloque la justice au bénéfice de quelques uns et au détriment de tous les autres. Non seulement, ce comportement est inacceptable sur le plan éthique et tout simplement moral, mais encore il l’est sur le plan politique.

Nous n’avons plus de justice au sens auquel les pays démocratiques l’entendent. Le mépris du droit et le refus de l’état de droit , la dépendance des juges, un fonctionnement à deux vitesses , l’impunité de certains sont devenus un état de fait, une banalité.

 

En plus, dans notre pays,  l’intérêt général a disparu. Qui désormais le défend ? Personne.

 

Certes, lorsqu’il s ‘agit de réduire les dépenses publiques pour essayer d’engager enfin une politique de finances publiques respectueuse de nos engagements européens et de l’avenir de nos enfants, rien ne doit résister :ni casernes, ni emplois de professeurs, ni service publics de proximité.

 

Mais lorsqu’il s‘agit de protéger certaines personnalités, on ne regarde plus à la dépense (pas plus du reste qu’en « com » gouvernementale).

 

Qui peut défendre les contribuables ?

 

L’action dans l’intérêt du contribuable qui existe à l’échelle locale est fermée à l’échelle nationale. La Cour des Comptes  pourrait elle être saisie , mais par qui et contre qui ?

Dès lors, force est de constater que tout est désormais possible dans notre pays comme dans n’importe quelle monarchie bananière, la prétention en plus.

La conquête des droits de l’homme, version 1789 , est de nouveau un combat pour les citoyens français.

 

Corinne Lepage, Présidente de CAP21.

Retrouvez cette note sur : http://corinnelepage.hautetfort.com/archive/2008/08/07/co...

01.08.2008

Fichier Edvige : recours de Corinne Lepage devant le Conseil d'Etat

corinne-lepage.jpgCorinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap 21, a annoncé jeudi un recours devant le Conseil d'Etat afin d'obtenir l'annulation du décret instaurant le fichier policier Edvige, qui, selon elle, porte "atteinte gravement aux libertés publiques".

 

Dans ce recours, qui devait être déposé jeudi après-midi et dont le texte est publié sur le site internet de Cap 21, Mme Lepage estime que les dispositions prévoyant le "fichage des élus et responsables politiques" "portent atteinte gravement aux libertés publiques et qu'elles ne pouvaient en toute hypothèse pas être instaurées par décret mais par la loi". Elles "sont donc entachées d'incompétence", ajoute-t-elle.

 

Selon la vice-présidente du MoDem, dont le recours est appuyé par le parti Aujourd'hui Autrement (proche du MoDem) de Jean-Luc Roméro, le fichier Edvige porte aussi "atteinte aux principes de liberté politique définis par la convention européenne des droits de l'Homme".

 

"L'enregistrement de données fiscales et patrimoniales ou encore concernant l'environnement de la personne" est "incompatible avec la liberté politique indispensable au fonctionnement démocratique", affirme-t-elle.

 

Créé par un décret paru le 1er juillet au Journal officiel, ce fichier controversé permet de recenser dès 13 ans des personnes jugées "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", ainsi que des personnes exerçant ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique ou jouant un "rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif".

 

(AFP : http://afp.google.com/article/ALeqM5jE3FImrTKN1L-ZC6LC4oC...)

25.07.2008

Les Amis de la Terre disent non au fichier EDVIGE

25 juillet 2008, 22:41 : 51234 signatures

Parlez-en autour de vous ! Chaque signature compte !

Il y a tant de choses à refuser que les pétitions peuvent lasser et les actions fatiguées mais ce fichier touchant directement aux racines des libertés d'expression, ce fichier montrant du doigt informatisé un éventuel contestataire et autre individu gênant une prise d'otage en douceur de la démocratie par l'Etat, ce fichier doit être tout simplement refusé et condamné. Nos parents et l'histoire nous ont inculqué les dangers de ce type de procédés durant une période douloureuse de notre pays, sachons les refuser aujourd'hui et demain.

Franck Laborderie-Cavada

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Paris, le 24 juillet 2008. Les Amis de la Terre rejoignent le collectif « Non à EDVIGE » en s’opposant catégoriquement à ce nouveau projet d’atteinte aux libertés publiques et individuelles. En tant qu’association écologiste, les Amis de la Terre estiment qu’aucun individu ne doit être fiché pour la liberté de ses choix associatifs, politiques, syndicaux ou religieux. Les Amis de la Terre demandent le retrait du décret.

Le fichier EDVIGE est issu du décret du 27 juin 2008 créant le fichier d’Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information Générale (EDVIGE) : il concerne toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées. Il vise en outre toutes les personnes (ou groupes) "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public". Les données fichées, extrêmement larges, concernent les droits et les libertés publiques et individuelles (fichage des militants), les droits des enfants (fichage des mineurs dès 13 ans, fait sans précédent) et le respect de la vie privée (vie sexuelle, état de santé, relations personnelles, comportements, déplacements, appartenance ethnique, etc.).

Le fichier EDVIGE représente une nouvelle régression des droits et des libertés publiques et individuelles. Il entérine même un principe d’anticipation des délits, basé sur de pures suppositions. Claude Bascompte, président des Amis de la Terre, analyse : « Ce fichier prépare la répression potentielle envers tout militant exerçant ses choix écologistes, syndicalistes, politiques, etc. Le gouvernement est passé outre les réserves émises par la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL), et sans aucun débat public préalable. C’est tout simplement inacceptable. »

Il ajoute : « Le Grenelle de l’Environnement affichait un principe de négociation à cinq partenaires avec notamment les associations écologistes et les syndicats. Le Président de la République s’engageait donc à les considérer officiellement comme des partenaires à part entière : aujourd’hui il les fiche. C’est une nouvelle violation grave de l’esprit du Grenelle. Lorsque les ONG acceptent de négocier, elles sont fréquentables, mais lorsque leurs militants manifestent, ils sont fichés ! »

Les Amis de la Terre demandent le retrait du décret, rejoignant en cela la Ligue des Droits de l’Homme, la CGT, le Syndicat de la Magistrature, la Confédération Nationale du Logement ou 300 autres organisations et 40 000 citoyens, une mobilisation record en quinze jours de période estivale.

Notes :
(1) Extrait du site officiel du service public ici
(2)
Pétition en ligne ici

Contact presse :
Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43

Retrouvez ce communiqué sur : http://www.amisdelaterre.org/Les-Amis-de-la-Terre-disent-...

22.07.2008

Projet de constitution voté par le Congrès : réaction de Corinne LEPAGE

blog_lepage.jpgLe vote du Congrès hier interpelle à plus d'un titre.

Tout d'abord, sur le plan juridique. S'il est vrai que la nouvelle constitution améliore la situation antérieure par la création de l'exception d'inconstitutionnalité, elle ne modifie pas vraiment l'équilibre des pouvoirs dans la mesure où c'est la majorité parlementaire et non le parlement qui voit ses pouvoirs renforcés alors que le droit d'amendement est réduit.

En revanche, l'hyperprésidentialisation est actée par le droit de message, très symbolique, la réduction du rôle du premier ministre et aucune disposition sur le temps de parole du président dans les médias.

Les "avancées" dont ont cherché à se prévaloir en particulier  les centristes de tous bords qui ont voté pour la réforme  sont "pipeaulesques":
- referendum prétendument d'initiative populaire, verrouillé par la nécessité de l'aval de 200 députés et surtout 10% du corps électoral soit 4,5 millions de personnes. Quasiment impossible à obtenir,
- limitation du déficit public soit disant gagné par le Nouveau Centre qui ne correspond à rien car ce n'est qu'un objectif , sur 5ans et hors sécurité sociale,
- pluralisme des médias et de l'expression politique qui exclut bien évidemment la représentation et tout système proportionnel, contrairement à ce que Michel Mercier a laborieusement essayé de soutenir à la tribune du Congrès comme s 'il y avait la moindre possibilité de débat sur ce point,
- droit de véto sur les principales nominations qui ne servira jamais car il faudrait que la majorité des 3/5 vote contre le président. Pour que cette disposition ait un sens, c'est le principe contraire qui aurait du être institué; obligation d'une majorité des 3/5 pour approuver la nomination.
 
En votant cette révision qui présidentialise encore plus le régime, les parlementaires ont abandonné tout espoir de voir rapidement une révision démocratique de la constitution en instaurant de vrais contre-pouvoirs, une représentation partiellement proportionnelle, et des outils réels de démocratie participative.

Mais le plus lamentable dans cette affaire est l'abandon des combats menés depuis des années par certains pour de  dérisoires hochets ou pour répondre à des pressions de tous ordres. Le Parlement français ne sort pas grandi alors que la révision est présentée comme son renforcement.

Quant au MODEM, il aurait pu être le parti charnière qui faisant capoter le projet ou au contraire le faisant aboutir grâce à des avancées non négociables sur le la représentation politique, les nominations et la démocratie participative. L'occasion a été ratée puisque seuls deux sénateurs ont suivi la position des députés MODEM et de notre président et 4 se sont abstenus. Comme dans le vote sur les OGM, l'absence de position unitaire des élus MODEM ne peut qu'interpeller nos militants .

Il serait souhaitable qu'à l'avenir, pour les grands sujets , une consultation des militants précède les votes et que le Bureau Exécutif prenne une position , connaissance acquise du souhait des militants. Si la liberté de vote était choisie, elle devrait alors être expliquée et justifiée devant les militants.

Alors, le MODEM serait vraiment innovant dans son fonctionnement.

Retrouvez cet article sur : http://corinnelepage.hautetfort.com/archive/2008/07/22/co...

Adoption du projet constitutionnel par le Congrès : "le résultat révèle l'absence de soutien pour cette réforme"

bayrou-portrait-petit.jpg"Une seule voix de majorité, après tant de marchandages, de menaces, de promesses et de battage, cela prouve en réalité que les parlementaires n'étaient pas convaincus, même lorsqu'ils étaient du bord du gouvernement, par cette réforme", a déclaré lundi soir François Bayrou.

"Plusieurs dizaines d'entre eux ont voté oui alors qu'ils pensaient non". "Tout le monde voit bien qu'une réforme des institutions ne devrait pas se faire ainsi, tirée par les cheveux et camp contre camp", selon lui. "Une réforme de la constitution devrait rassembler les grands courants démocratiques du pays et tenir compte de leurs attentes", a-t-il préconisé.

"On s'apercevra très vite que ce nouveau texte de la constitution ne change rien du fonctionnement déséquilibré de nos institutions et au contraire qu'il y a, à moyen terme, de nombreux risques de blocage. Par exemple le jour où le Sénat et le gouvernement ne seront plus du même bord, on verra naître des difficultés", a poursuivi M. Bayrou. "Au fond, le résultat révèle l'absence de soutien pour cette réforme", a-t-il conclu.

Retrouvez cet article sur : http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/bayrou-reacti...

18.07.2008

François Bayrou sur la réforme des institutions : une «ambiance de marchandage» entretenue par le président de la République

Le président du Mouvement Démocrate François Bayrou a annoncé jeudi qu'il ne voterait pas la réforme des institutions lors du Congrès qui se réunit lundi à Versailles, la qualifiant de "faux-semblant".

"J'étais prêt à voter un texte s'il avait touché à l'essentiel" a affirmé hier sur RTL François Bayrou, qui réclame une "loi électorale qui permette d'avoir au Parlement des voix indépendantes, et donc une partie des sièges attribuées non pas en fonction de l'investiture du parti de président ou du grand parti de l'opposition mais en fonction de la représentation des Français."

"On aurait dû mettre autour de la table les grands courants du pays en regardant ce que sont les problèmes fondamentaux, ces problèmes-là on n'y touche pas, et donc je ne voterais pas ce faux-semblant" a-t-il déclaré.

Le député des Pyrénées-Atlantiques a dénoncé "l'ambiance de marchandage" entretenue par le président de la République qui va "jusqu'à négocier lui-même pour obtenir quelques voix, des nominations, l'arrangement d'affaires, ou bien le fait qu'on pourra faire un groupe parlementaire avec 10 ou 12 ou 15 députés".

"Ce n'est plus des marchands de tapis devant lesquels on se trouve, c'est des marchands de paillassons", a-t-il ainsi déclaré au sujet des radicaux de gauche, ajoutant que "tout ça ce sont des marchandages qui ne sont pas dignes de ce que la réflexion institutionnelle devrait être". AP

14.07.2008

Edvige : alerte citoyenne, mobilisation militante demandée, agissons !

pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE

instituant le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux

 


 

Signer la pétition   -   Voir les signataires

 


 

Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que :
état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.
Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.
Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.
C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :
  • exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de Surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,

  • sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,

  • s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.

 http://nonaedvige.ras.eu.org/petitions/

 

04.07.2008

Sarkozy : « les programmes du service public trop proches de ceux des chaînes privées » - Réaction de Patrick de Carolis

Petit à petit, notre Président tisse sa toile afin de maîtriser sa vision de la Démocratie en poussant désormais Patrick de Carolis vers la sortie, comme tout dirigeant essayant de lui mettre des battons dans les roues en mettant en évidence son incompétence sur des dossiers relevant du débat public.

Bientôt ce sera le tour d'internet : une autre toile ...

 

Franck Laborderie-Cavada

 

 

« Je trouve cela faux, stupide, injuste » Patrick de Carolis, le président de France Télévisions, n'a pas mâché ses mots hier matin.

Il répondait à la déclaration de Nicolas Sarkozy lundi qui jugeait les programmes du service public trop proches de ceux des chaînes privées. « Je ne suis ni en colère, ni fatigué, ni usé. Je défends une maison, un savoir faire et des collaborateurs inquiets à juste titre » a ajouté celui qui dirige la télévision publique depuis 2005.

Jusqu'à présent, de Carolis s'était montré conciliant envers les projets audiovisuels de l'Élysée. « Mais en privé il disait depuis longtemps que si le gouvernement franchissait la ligne jaune, il réagirait. Il a considéré que c'était le cas », constate-t-on au CSA.

Le déclencheur ? La prestation de Sarkozy lundi sur France3. Le PDG de France Télévisions regarde l'émission dans un salon en compagnie des conseillers du Président, Henri Guaino et Franck Louvrier. Quand Sarkozy assimile les programmes du service public à ceux du privé, Carolis se lève, ulcéré : « C'est un scandale de dire çà. »

À l'issue de l'émission « il tombe littéralement sur le dos de Sarko » selon un témoin de la scène et l'entraîne dans un bureau où les deux hommes s'expliquent en tête à tête avec véhémence.

« Cette fois la coupe était pleine, explique un journaliste de France Télévision. De Carolis a eu vraiment l'impression qu'on se foutait de sa gueule. Non seulement, il pense que le financement du service public est incertain, mais on veut lui dicter les programmes, et enfin il sent bien qu'il est dans le collimateur de l'Élysée. »

Mardi matin, lors du déjeuner de la majorité à l'Élysée, Sarkozy se montre très satisfait de son émission de la veille. Carolis, lui, fait appeler Jean-Michel Aphatie pour être l'invité de RTL le lendemain. Mercredi il vide son sac : « J'estime aujourd'hui, d'après les déclarations des uns et des autres, que le compte n'y est pas. Courant septembre, nous verrons si le compte y est. S'il n'y est pas, je prendrai mes responsabilités. »

Mais comme hier un ministre affirmait qu'il «n'y aurait pas un euro de plus que prévu pour France Télévision», à France 2 et France 3, on pense que de Carolis sera contraint à la démission.

Retrouvez cet article sur : http://www.ladepeche.fr/article/2008/07/03/462538-France-...

27.06.2008

Marielle de Sarnez : La nomination du président de France Télévision par l'exécutif est un retour "des décennies en arrière"

marielle de sarnez-small.jpgInvitée à la matinale sur i-Télé ce jeudi 26 juin, Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem, a estimé que la nomination du président de France Télévisions par le gouvernement faisait remonter l'audiovisuel "des décennies en arrière" et bafouait le principe de "la séparation des pouvoirs".

"S'il y a un domaine dans lequel il faut une séparation des pouvoirs (...) c'est bien sur la question des médias", a déclaré Marielle de Sarnez sur i-Télé. Elle a regretté "de ne pas avoir entendu le CSA" après l'annonce de cette décision. "On lui enlève une prérogative qui était la sienne et ils (ses membres) ne disent absolument rien", s'est-elle étonnée.

"Vous vous rendez compte à quel point c'est régressif. On remonte à des décennies en arrière".

Retrouvez cet article sur : http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/sarnez-reacti...

 

26.06.2008

François Bayrou: "on a rarement vu un plan aussi déterminé de mise sous contrôle de la télévision, le service public devient directement dépendant de l'Etat."

bayrou-portrait-small.jpgNicolas Sarkozy a annoncé la fin de la publicité à la télévision publique, après 20H00 dès janvier 2009 et totale à partir de décembre 2011.

Il a proposé de compenser la perte du chiffre d'affaires publicitaire par une taxe de 0,9% sur les opérateurs de téléphonie et d'internet. Il veut par ailleurs que le président de France Télévisions soit à l'avenir nommé par l'exécutif.

 

François Bayrou a dénoncé mercredi un plan de mise sous contrôle de la télévision, en réaction aux mesures annoncées par Nicolas Sarkozy. "Tout ceci serait impossible dans des démocraties de plein exercice. On a rarement vu un plan aussi déterminé de mise sous contrôle de la télévision. Le service public devient directement dépendant de l'Etat: son patron va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon vouloir des gouvernants. Quelle marge de liberté restera-t-il à la télévision?

 

Dans le même temps, les chaînes privées reçoivent la manne publicitaire qui se portait autrefois sur le service public, et pour leur permettre d'améliorer leur bilan, on leur offre la possibilité d'une deuxième coupure, qui double le temps de publicité le plus lucratif. C'est le consommateur qui va payer tout cela au travers de ses communications téléphoniques et des services internet."

 

Retrouvez cet article sur : http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/bayrou-televi...

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